7 ► 25 octobre 2020

Le concept

Au-delà de son impact visuel, le graffiti a une odeur spécifique, ses supports, ses touchés particuliers, son environnement des sons singuliers et le vandalisme un goût unique. Espaces, installations, projections, collections photographiques, peintures sur toile et in situ, l’exposition PRIMART a.k.a PAMX souhaite faire du COMMUN un espace immersif et expérientiel, un accès au vécu et au ressenti des artistes urbains.


Le programme

15 artistes

1 vernissage

3 semaines d’ouverture au public

2 conférences

2 projections

et visites médiatisées, ateliers participatifs, balades urbaines…

Les artistes

FAUST perpétue la longue tradition de peintures basées sur du texte en incorporant l’esthétique contemporaine urbaine représentative de sa génération. Un mot unique ou une phrase sur une toile peut raconter des volumes. La mesure et maîtrise de l’écriture de FAUST élève un geste hérité du vandalisme à une œuvre d’art de maîtrise calligraphique, transformant toute surface qu’elle recouvre. Initialement reconnues pour son travail en public, les qualités des fresques de FAUST explorent le placement et la taille afin de questionner la perception commune du graffiti. Brisant les conventions, les tags quotidiens deviennent monumentaux. Les mots poignants choisis en fonction du lieu amènent à un débat public, résonnant à travers des communautés de par le monde.

L’artiste et illustrateur allemand Flying Förtress a évolué du graffiti au graphisme avant de retrouver ses racines avec ses célèbres Teddy Troops.

Flying Förtress commença sa carrière artistique avec le graffiti traditionnel à Munich. En 1995 il commença à travailler comme graphiste, mais se sentait à l’étroit dans une manière de travailler qui lui semblait généraliste à cette époque. Il retourna donc dans la rue autour de 2000 avec des sprays, mais également autocollants et posters et une variété de médias.

Influencé par ses études de graphisme, Flying Förtress créa alors l’icône du Teddy Trooper. Les Teddy Troopers occupent l’es espaces publics et privés depuis lors sous forme de stickers, posters, fresques ou même objets vinyles en trois dimensions. Flying Förtress, qui est basé à Hambourg depuis 2007, a également peint et exposé à Paris, Barcelone, Londres, Berlin, Los Angeles, New York, Tokyo, Melbourne et en Nouvelle-Zélande.

L’artiste bâlois Adrian Falkner (né à Liestal, vit et travaille à Bâle) dialogue méthodiquement avec le principe de surface. Dans sa série la plus récente, il défie la surface dans son rôle de texture et de contenant.

Le titre poétique du travail “Abandonné” offre déjà une indication du propos. Les peintures orphelines sont faites de couches de toiles, papier déchiré et teintes de peintures pastel. La fin d’une ère ou le temps écoulé sont tangibles à travers ces fragments et couleurs. Mais dans ces trois oeuvres, Falkner s’adresse également à une autre interface. En choisissant une surface qui est brute, imparfaite, marquée de fragments de papier, comme outil de travail, l’artiste crée un nouveau dialogue entre le graffiti et la peinture.

Le graffiti est présent de par le fonds sur lequel l’oeuvre est faite ; la surface de plâtre brut, les couches d’affiches et les cadres de métal usés sont réappropriés, rappelant le travail provocateur des affichistes. Adrian Falkner adresse la problématique du White Cub, la surface sans âme et informe de l’espace d’exposition traditionnel. Étant un artiste également actif dans le milieu du graffiti, Falkner trouve une manière picturale de diriger un discours sur la question du graffiti dans une exposition en faisant de la surface le contenu de ses toiles, les définissant non pas par la provocation, mais en leur attribuant un passé.

Ceci tuera cela

Originaire de la banlieue Nord, Risote fait ses marques dès la fin des années 90 en quadrillant la région parisienne de manière méthodique. Du Nord au Sud, d’Est en Ouest, rien ne lui échappe. Il remplit consciencieusement toutes les obligations du “graffeur vandale”. Le contrat est rempli, reconnu par ses pairs, jalousé, parfois détesté pour ses expérimentations graphiques avec les PALS, il refuse pourtant de se laisser enfermer dans une pratique figée dont il maîtrise parfaitement les codes implicites.

Autodidacte, Risote se met régulièrement en scène dans des vidéos expérimentales qu’il diffuse de manière autonome sur Internet. Il y interroge une pratique traditionnelle du graffiti (insupportable mot-valise), joue avec les interactions des services de nettoyage et nargue le Vandal Squad… qui l’a dans sa ligne de mire.

Pas question pour autant de se ranger et de présenter une démarche aseptisée en galerie. Risote va voir ailleurs, il repousse les frontières de son mode d’expression illégal au gré de voyages initiatiques aux quatre coins de la planète.

Consciencieusement, il enrichit son répertoire plastique en esquivant les pièges de la simplification institutionnelle. Mû par une insatiable envie d’explorer différents modes d’expression, il s’émancipe du statut mortifère de “graffeur professionnel”. Sans tomber dans la déviance pathologique ni la posture, Risote se forge une identité personnelle : celle d’un artiste à l’oeuvre, en perpétuel questionnement.

Clyse, un des artistes les plus actifs de la région, est connu pour la réflexion de son travail, tant par les thèmes choisis que par ses jeux avec les lieux, jeux de mots, anamorphoses, et ceci en quelques minutes. Clyse instaure un véritable dialogue avec l’espace et ses spectateurs.

Il fait ses débuts en 1997 en passant par toutes les étapes du graffiti de son époque et la rue, roulant, couleurs en terrain, pour finir par revenir à l’essentiel du graffiti selon lui, le chrome et noir : du classicshit comme il aime le dire, sur tous supports, la plupart du temps en solitaire.

Présent sur la scène graffiti depuis le début des années 2000, YGREK est un artiste polyvalent. Pendant plus d’une décennie, il peint les murs de sa ville, Genève. Désirant se démarquer dans l’espace public, il passe ensuite des murs aux grillages.

Il troque ainsi ses sprays contre des rouleaux scotch et utilise les losanges des grillages comme des pixels pour élaborer ses créations typographiques. Il réalise également des oeuvres plus abstraites, flirtant souvent entre la géométrie et l’art optique, la calligraphie et le pixel art, la typographie et le graffiti.

À ce jour, ses oeuvres peuvent être vues dans de nombreuses villes comme Montréal, Berlin, Paris, Bruxelles, Milan, Lisbonne, Dublin, Zurich, Berne et jusqu’au sommet des pistes de Crans-Montana à plus de 2600 mètres !

Il s’agit d’un collectif d’artistes de graffiti illégal unit grâce à des rencontres fortuites. Leur déclaration d’amour à la ville est visible par leur présence dans la rue, sur les autoroutes, dans les gares, sur les trains de marchandises, etc… En guise d’alliance matrimonial, ils exploitent un panel d’outils assez large allant de la bombe au sticker, en passant par des tournevis, 400ml de pigments et beaucoup d’amour pour ces âmes fougueuses.

Ils sont jeunes, actifs/présents… À quoi bon? Ils n’en savent rien !

Leur pratique à la fois acharnée et ludique offre une vision singulière de la discipline, pour le meilleur et pour le pire.

Né à la fin des années 70, originaire de la banlieue Parisienne, il commence le graffiti au début des années 90. Adolescent lors de visite ponctuelle à Paris avec son père, il découvre les graffitis le long des voies ferrées. Au collège, il rencontre des acteurs de ce milieu. Il en profite pour faire ses premières actions. Il tombe amoureux instantanément des ambiances de cette pratique “interdite” . Il multiplie ainsi les supports illégaux : tags dans la rue, pièce le long des voies ferrées et axes autoroutiers. La notion de conquête de territoire s’impose. Ainsi il intègre un crew comme il en existe plusieurs dans ce milieu. En effet, la pratique en bande permet de faire plus gros, plus grand, et plus loin. Chaque membre de l’équipe représentant . la fois pour lui, et pour son groupe.

À l’occasion d’un séjour à l’étranger il se met à s’exprimer directement sur les wagons. Il prend conscience que ce support mérite d’être privilégié, en effet l’apport en adrénaline, le travail de groupe, la préparation nécessaire à cette pratique interdite décuple le plaisir, et la motivation de continuer…

C’est ainsi qu’il devient un collectionneur de modèles de wagons différents à l’échelle internationale sur tous les réseaux ferrés.

Il nous propose ici une immersion découlant du processus d’action (repérage, surveillance, équipement…) par la photographie.

Né en 1977 à la Jonction, quartier populaire de Genève, Joule Champod commence à se faire la main vers la fin des années 1980 en faisant des tags sur les murs de son quartier. Il pratique le break dance et peint des habits pour les équipes de danseurs qu’il côtoie. Il trouve sa voie naturellement et se spécialise dans l’art du graffiti, peignant des murs de plus en plus grands et colorés.

Dès le début des années 1990, son style prend forme et Joule commence à se faire connaître pour ses fresques murales et ses expositions diverses, ainsi que pour ses activités de DJ (championnat FMC Suisse).

En 1999, il part en voyage au Brésil, ce qui provoque chez lui un déclic.
Son objectif est alors de peindre des murs dans des métropoles et mégalopoles partout dans le monde, ce qu’il accomplira par la suite : Joules a laissé sa trace dans de nombreux lieux, à compter entre autres Londres, Madrid, Duba., Casablanca, Dakar, Bogotà, Medellin, Sao Paulo, Stuttgart, Bangkok et Prague.

Médiation

En charge de la médiation et du lien avec les habitants de l’environnement du « Commun », l’association « il Fallait Bien Innover » propose de cartographier, le long d’une ligne partant du MAMCO à la Maison de Quartier
de la Jonction, les graffs, murs, lieux, mais aussi les usages, l’histoire, les envies des jeunes, des artistes, des habitants du secteur.

Des ateliers participatifs seront proposés en amont de l’exposition. La méthode et le rendu sous la forme d’une carte, se feront selon le principe du Transect. Dispositif d’observation de terrain où la représentation d’un espace, le long d’un tracé linéaire et selon la dimension verticale, le Transect est destiné à mettre en évidence une superposition, une succession spatiale, ou des relations entre phénomènes.

Les artistes et acteurs (associations du quartier, Travailleurs Sociaux Hors Murs, Maison de Quartier…) qui connaissent le quartier, ses usages et ses histoires de vie aideront à toucher le public qui alimentera cette cartographie. À travers une oeuvre cartographique insérée dans l’exposition, qui restituera le contenu des ateliers avec les habitants, nous traiterons là de la place des jeunes dans la vile, du droit à la ville, de l’appropriation de l’espace public. Cette oeuvre issue du collectif sera réalisée par un artiste de l’exposition.

Cette oeuvre sera également un outil de médiation. Nous proposerons en effet au public (visiteurs, scolaires…) une balade urbaine commentée qui suivra le tracé de cette cartographie originale.

RDVA

Les Rendez-vous d’artistes comptent désormais parmi les événements importants du MAH. La formule, qui rencontre un grand succès auprès du public, reste inchangée : chaque premier dimanche du mois, Serval et Kalonji, rejoints par un invité, partagent des moments de laboratoire créatif et d’échanges.
Les Rendez-vous d’artistes se déplacent à Prim’Art pour 2 heures de dessins le dimanche 18 octobre 2020, croquis et partages, et l’invité du jour PJ, un jeune artiste bien à son aise dans ce milieu et dont la pratique avance avec curiosité, passion et humour. Dans le cadre de cette exposition, une discussion autour de ces espaces publics et la manière dont ils sont conçus, représentés et appropriés s’impose.
Planificateurs urbains, représentants étatiques, artistes et médiateurs culturels se retrouvent pour discuter de cet espace visuel, partagé par toute la collectivité, mais auquel peu participent activement.

PROJECTION

Une projection inédite à Genève, un documentaire très personnel avec une légende vivante de l’art urbain, la photographe Martha Cooper.

9 octobre, 19h00 – 17 octobre, 15h30.

CONFÉRENCES

Deux conférences publiques sous forme de discussions guidées par un animateur seront proposées.

Espace Public : Conquête ou Partage ?

La gestion de l’espace visuel public navigue entre les lois édictées par le droit public, l’utilisation commerciale par les publicitaires et les chassés-croisés entre les nettoyeurs et vandales ; une espace perpétuellement en mouvement, avec spectateurs et acteurs, actifs et passifs, enjeux artistiques et commerciaux. Dans le cadre de cette exposition, une discussion autour de ces espaces publics et la manière dont ils sont conçus, représentés et appropriés s’impose.

Planificateurs urbains, représentants étatiques, artistes et médiateurs culturels se retrouvent pour discuter de cet espace visuel, partagé par toute la collectivité, mais auquel peu participent activement.

Vendredi 16 octobre 2020, 19h00.

À(rt)ddiction entre thérapie et obsession

Depuis ses débuts à la fin des années 1960, le graffiti est devenu un courant artistique irrésistible, incontournable et global. Loin des institutions sa force vient de ses participants, innombrables, incontrôlables et farouchement dévoués. Une réflexion s’impose sur sa pratique, entre thérapie par l’art et obsession autour du pseudonyme et de l’ego, entre passion pour les couleurs et addiction à l’adrénaline, des professionnels de la santé physique et mentale, addictologue et art-thérapeutes s’interrogent sur cette passion dévorante à laquelle les aficionados dédient souvent leur vie entière.

Samedi 17 octobre 2020, 14h00.

Desstres est une association à but non lucratif, créée en juin 2008, qui a pour objectif de promouvoir et faire découvrir la culture urbaine au travers d’événements artistiques, culturels et sportifs.

Présentation du tour

L’association Desstres présentera par le biais d’une ballade à pied différentes réalisations Graffiti situées dans le quartier de la Jonction. Des tags, aux collages, aux pochoirs puis en passant par de grandes fresques réalisées par plusieurs artistes dont certains internationaux, nous vous présenterons différents aspects du Street Art et plus spécifiquement du Graffiti. Nous oscillerons entre des réalisations illégales et légales pour le plus grand plaisir de toutes et tous et nous commenterons la balade en parlant des différents acteurs ayant réalisé ces oeuvres urbaines ainsi que des techniques utilisées. Pour cette ballade culturelle et artistique, il faudra compter environ 1h15 de marche en tenant compte des arrêts que nous allons effectuer pour que le public puisse prendre le temps d’admirer les différentes réalisations et prendre des photos pour celles et ceux qui le désirent.

8 octobre, 18h00 – 17 octobre, 17h15. Sur inscription ici.

Plan

Informations à venir

À propos

FBI.CH

« il Fallait Bien Innover Production » (FBI Prod.CH), structure porteuse de ce projet, travaille plus particulièrement à une démarche de cohésion sociale, usant de l’art et de la culture comme d’un outil entraînant et fédérateur.
Aujourd’hui, nous proposons de parler de ceux qui en investissent les murs de la ville, qui s’approprient notre espace commun. De parler également de la relation que la population entretient avec eux, et peut-être d’en comprendre la nécessité, l’urgence. La thématique du droit a  la ville développée par Henri Lefebvre nous confronte à cette question sur notre territoire transfrontalier : une partie de la population serait-elle dépossédée de son droit au Grand Genève ? L’inexorabilité du développement urbain sur notre territoire et son imposante immensité semblent empêcher l’expression démocratique des citoyens, mais dès lors qu’une cité nouvelle prend place, les graffitis en ornent les murs, librement et parfois dangereusement

GLITCH

L’association Glitch oeuvre pour la promotion d’artistes majoritairement issus de l’art urbain.
Pour ce faire elle coordonne et dirige des évènements et des productions avec le soutien de municipalités en France et en Suisse. En tant qu’expert milieu graffiti/ Street art, l’association permet de mettre en lumière une pratique et un milieu insolite. À son actif, ce sont plusieurs fresques monumentales, 2 festivals et une Galerie qui ont pu voir le jour grâce au travail de l’association. (www.facebook.com/assoglitch)

SERVICE DE LA JEUNESSE (SEJ)

Fondé en 2000, le Service de la jeunesse a pour mission de proposer et de soutenir des projets collectifs dans les quartiers, en privilégiant l’intégration, le dialogue et l’échange avec les jeunes par l’intermédiaire des 12 travailleurs et travailleuses sociaux hors murs groupés par trio pour un total de 4 secteurs, dont un trio par secteur.
Les travailleurs sociaux hors murs ont pour mission d’initier et de stimuler des actions collectives et communautaires (par exemple, construction d’un projet…) dans les quartiers de la Ville de Genève. Par leur présence informelle dans la rue, auprès des jeunes, seuls ou en groupe, ils ont pour objectif d’assurer une prévention, et un suivi qui favorise l’intégration, le dialogue et l’échange. Ils mettent leur compétence au service des jeunes afin de leur permettre de progresser dans leur parcours de vie. Le service de la Jeunesse avec ses Travailleurs Sociaux développent différents projets, notamment : Promotion de la culture urbaine pour donner un coup de pouce à l’expression artistique (projet Graph, Primart…) et mettre à disposition des espaces de libre utilisation telle que le Skatepark.

Ours

Curateur
Nicolas Croquet

Chargée de production/médiation
Sonia Miny

Direction artistique
Wozdat & Serval

Service de la jeunesse, Ville de Genève
Antonin Heubi

Constructions/scénographie
Benoit Versace

Accueil et gestion artistes
Céline Tharreau

Balades urbaines
Association Desstres

Info exposition
info@pamx.ch

Contacts

FBI.CH
« il Fallait Bien Innover »
ASSOCIATIONS CULTURELLES
AU SERVICE DE LA COHÉSION SOCIALE

Boulevard des Promenades 8,
Case postale 1335/1227 Carouge

Tél. : +41 (0)78 955 49 03
Mail : infos-ch@fbiprod.com
nicolas.croquet@fbiprod.com
sonia.miny@fbiprod.com

www.fbiprod.comwww.facebook.com/prod.fbi